|
Différence entre le CRI et le FRV
Nous avons discuté dans la chronique "Différences
entre les fonds de pension d'employeurs", des régimes de
retraite à prestations déterminées. L'idée qui en ressortait était
de toujours s'assurer de connaître la valeur actuarielle du régime
à partager, cette dernière devant inclure la part de l'employeur
et non seulement les cotisations de l'employé.
Lorsqu'il
reçoit le jugement, le conjoint doit faire la demande à l'administrateur
du régime afin qu'il effectue le transfert. Il arrive très souvent
que le conjoint attende que le transfert s'effectue automatiquement
de la même façon que la RRQ qui procède dès l'émission du jugement.
Plusieurs
conjoint(es) se voient bien déçu(es) suite aux choix qui s'offrent
à eux. Il faut bien comprendre que ces montants sont la plupart
du temps IMMOBILISÉS...
La
croyance populaire veut que l'on ne puisse accéder à cet argent
qu'à l'âge de 65 ans, ce qui est faux. A l'inverse, certains croient
pouvoir encaisser ces sommes et les investir dans une nouvelle maison
ou en disposer à leur guise... Malheureusement, peu de gens comprennent
bien la portée de cette restriction d'immobilisation. Il serait
donc important que les parties saisissent bien les options possibles
quant à l'encaissement du transfert pour poser des choix en toute
connaissance de cause.
Lorsqu'un
employeur vous informe que e.g. Ginette a droit à 50,000$ du régime
de Roger, il faut expliquer à Ginette qu'elle a trois (3) choix:
- un
compte de retraite immobilisé (CRI)
-
un fonds de revenu viager (FRV)
-
une rente viagère (peu populaire depuis la baisse des taux
d'intérêt)
Le
CRI est semblable au RÉER en ce sens que les intérêts
s'accumulent à l'abri de l'impôt, à l'exception que le propriétaire
ne peut jamais l'encaisser en une somme globale (ex: encaisser 50,000$
en un coup). Il sert de véhicule d'accumulation avant la retraite
lorsque le propriétaire ne veut pas entamer son capital immédiatement.
Il ne touche aucun revenu tant que le montant est
investi dans un CRI.
Dans
notre exemple, Ginette, 45 ans, qui a droit à 50,000$, gagne un
salaire suffisant pour le moment et décide de placer son 50,000$
dans un CRI qui vaudra environ 160,000$ à son 65ième anniversaire.
Le
FRV est semblable au FERR en ce sens que le propriétaire
se procure un revenu mensuel avec son capital de CRI à l'exception
qu'il doit respecter un maximum mensuel prévu par Revenu Canada,
pour éviter l'épuisement précoce du capital. Le maximum prévu
pour un régime sous législation québécoise est supérieur à celui
d'un régime fédéral. Nous verrons des simulations plus en détail
dans une prochaine chronique.
Par
exemple, Lucette, 50 ans, a droit à 70,000$, est retournée aux études
et prévoit terminer dans 3 ans; malgré sa pension alimentaire, elle
n'a pas un revenu suffisant pour assumer sa nouvelle hypothèque
et les études de ses enfants. Elle aurait besoin d'un revenu supplémentaire,
du moins jusqu'à ce qu'elle trouve un emploi rémunérateur. Elle
pourra donc se procurer un revenu à son choix (toujours dans les
limites permises), e.g. 300$ / mois pendant quelques années via
le FRV. Par contre, lorsqu'elle travaillera, elle pourra remettre
son capital dans un CRI et le laissera fructifier jusqu'à sa retraite.
La
rente viagère est un véhicule de revenu de retraite semblable
au FRV, sauf que la rente est irréversible lorsque achetée (i.e.
on ne peut la remettre dans un CRI). Elle peut être achetée à n'importe
quel âge, mais il est préférable d'attendre à la retraite.
Paulette,
66 ans, a droit à 150,000$ du fonds de son époux. Elle n'a jamais
travaillé et n'a pas droit à une pension alimentaire. Elle devra
donc utiliser son capital pour se procurer un revenu mensuel. Elle
optera probablement pour une rente viagère qui lui donnera environ
1,200$ / mois le reste de ses jours. Elle optimisera ses revenus
avec la rente viagère et minimisera ses soucis car la rente ne variera
pas avec les fluctuations futures des taux d'intérêt. Par contre,
les taux d'intérêt sont très bas depuis quelques années et la popularité
des rentes a diminué.
Il
est donc important de bien expliquer aux parties les implications
des transferts de régime de retraite pour éviter les mauvaises surprises
lorsque l'entente est entérinée. Des illustrations avec chiffres
à l'appui valent souvent mille mots!
Vous
pouvez donc dans certains cas faire appel aux services d'un actuaire
qui déterminera avec précision les revenus possibles du FRV et les
avenues qui s'offrent à la conjoint(e).


|