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Attention aux retraités
Lorsque les parties se séparent, ils doivent partager leur
régime de retraite et faire calculer la valeur actuarielle
de leur fonds (dans le cas de régimes à prestations
déterminées).
Habituellement, cette valeur représente bien le montant
qu’il faut mettre de côté afin de payer une certaine
rente de retraite au futur retraité. L’employeur transfère
alors à l’ex-époux(se) la moitié et ajoute
les intérêts depuis la date de calcul (cessation de
vie commune ou date des procédures).
Le participant ne réalise concrètement les effets
de ce partage qu’à la retraite où il voit sa
rente coupée d’un certain pourcentage (habituellement
inférieur à 50% car il a continué d’accumuler
des années de service depuis le transfert).
Par contre, qu’arrive-t-il lorsque la séparation survient
après la retraite du participant? La valeur d’un régime
de retraite augmente généralement toujours d’année
en année avant la retraite de l’employé, pour
atteindre son apogée à la date de la retraite (à
quelques exceptions près). Puis, après la retraite,
elle diminue graduellement jusqu’à l’espérance
de vie vu que le rentier retire intérêt et capital
à chaque mois.
Lorsque l’on partage la valeur du retraité, l’employeur
calcule la valeur à la date de séparation et verse
à l’ex-époux(se) la moitié de la somme
plus les intérêts courus depuis cette date… Sauf
qu’il faut garder en tête que plus le nombre de mois
entre la séparation et le transfert est élevé,
plus le rentier verra sa rente coupée.
La raison est simple : il perçoit sa pleine rente depuis
la séparation alors qu’elle aurait dû être
réduite dès lors, mais les procédures durent
souvent quelques années avant que tout soit réglé
et le retraité a alors touché un trop-perçu
pendant tout ce temps. Il doit alors rembourser ces demi-rentes
qu’il a reçues depuis la séparation. Donc sa
rente peut parfois être coupée de 60, 70, 80% ou plus…
Nous avons déjà vu des cas où le rentier a
perdu la totalité de sa rente.
Le principe demeure tout de même équitable dans la
mesure où le retraité n’a pas payé de
pension alimentaire. Mais dans le cas où il a payé
pendant tout ce temps une pension alimentaire à son époux(se),
il est clair qu’il subit une injustice si l’on ne tient
pas compte de ces déboursés. Dans ce cas, il n’a
pas vraiment touché sa pleine rente car il a déjà
versé à son époux(se) une portion de celle-ci
pendant cette période.
Voici
un exemple pathétique résultant de cette mécanique
: Monsieur X touche une rente de 30,000$ / année, il se sépare
en 1992 de son épouse et on évalue son fonds à
400,000$. Il verse à son épouse 15,000$ / année
en pension alimentaire. Le dossier traîne pendant 7 ans et
le transfert a lieu : il doit 200,000$ à Madame plus les
intérêts pendant 7 ans : ce qui totalise 410,000$…
Et le fonds ne vaut plus alors que 370,000$ (car il décroît
avec les années). Madame reçoit donc 370,000$ et Monsieur
perd sa rente au complet.
Ce cas est extrême, mais des situations semblables arrivent
trop souvent et il est difficile de corriger l’erreur une
fois le divorce prononcé.
Il existe alors plusieurs moyens de compenser cette iniquité
soit en soustrayant les pensions alimentaires versées, ou
en demandant à un actuaire de calculer quel montant il devrait
transférer de son fonds de pension à son époux(se)
de façon à ne pas perdre plus de 50% de sa rente.
Ou encore en faisant un partage inégal des autres actifs
de façon à ne pas pénaliser le rentier.


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