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Intérêts sur le transfert de fonds de pension
Tel que discuté dans la chronique "Valeurs
différentes (règlements de la loi 102)" entrés en vigueur en mars
2002 ont changé la méthode de calcul de valeur partageable
pour les régimes privés du Québec.
Il faut bien comprendre qu’est-ce qu’une valeur actuarielle
partageable aux fins du patrimoine. Cette dernière représente
le montant qu’il faut mettre de côté à
la date de séparation afin de payer la rente annuelle de
retraite du participant lorsqu’il se retirera, et ce, jusqu’à
son décès. Nous supposons un certain taux de rendement
sur ce capital, ainsi qu’une espérance de vie variant
selon le sexe (les femmes vivent plus longtemps).
L’Institut canadien des actuaires prévoit un taux
d’intérêt qui diffère selon le mois et
l’année de la séparation. Donc si les taux d’intérêt
sont élevés, la valeur nécessaire sera inférieure
étant donné que le capital génèrera
plus d’intérêt. Inversement, si les taux descendent
la valeur sera supérieure.
Auparavant, lorsque les parties décidaient de partager le
régime de retraite à la date de fin de vie commune,
l'employeur ne recalculait pas à cette date. Il utilisait
la valeur à la date des procédures et appliquait un
prorata des mois de vie commune sur les mois de participation totale.
Par exemple – avec les anciens règlements - si le
participant était séparé de fait depuis novembre1998
et prenait ses procédures en juin 2001, la valeur était
établie en 2001 avec les taux de 2001, le salaire de 2001,
les années de service en 2001 et l’âge du membre
en 2001. Pour rétablir la valeur à la date de cessation
de vie commune, on appliquait un prorata des mois de vie commune
tout simplement. Ce calcul était souvent désavantageux
pour le participant, surtout lorsque plusieurs années séparaient
la fin de vie commune des procédures i.e. la valeur était
souvent surestimée. Également, dans le cas où
le participant était actif au moment de la rupture, mais
retraité à la date des procédures, l’ancienne
méthode utilisait son statut de retraité (donc valeur
supérieure +++) même si on utilisait la date de fin
de vie commune pour le partage. Il y avait donc iniquité
à ce niveau.
Ex
: Gratien avait fait évaluer son fonds avant la nouvelle
réglementation en 2001 (procédures) et l’employeur
lui avait dit que sa valeur était de 100,000$ en 2001 et
que si l’on rétroagissait en 1998 (fin de vie commune)
elle représentait 75,000$ soit le prorata de 15 années
de vie commune sur 20 années de participation : 15/20 x 100,000$
= 75,000$. On ne refaisait pas de calcul avec les hypothèses
de 1998 et on utilisait le taux d’intérêt de
2001 (ex : 6.5% en juin 2001).
Dorénavant, nous devons refaire le calcul à la date
de cessation de vie commune si les parties décident de partager
à cette date. Toujours dans notre exemple, s’ils se
séparent en novembre1998, on utilise le salaire, le statut,
l’âge et les taux d’intérêt de 1998,
ce qui donnera une valeur probablement beaucoup inférieure
à la valeur de 2001 ajustée au prorata étant
donné que le salaire du participant(e) sera inférieur
en 1998 et d’autres paramètres feront en sorte que
la valeur sera plus basse.
Gratien
refait donc faire les calculs avec les nouvelles dispositions avec
un taux d’intérêt de 5.75% de 1998, son salaire
de 1998 et la valeur se chiffre alors à 54,000$ (au lieu
de 75,000$)
Une fois la valeur établie, le(a) conjoint(e) recevra sa
moitié plus les intérêts courus à partir
de la date retenue (ex : 1998 ou 2001) au taux utilisé pour
les fins de calcul. Auparavant, les employeurs donnaient souvent
le taux de rendement de la caisse de retraite, qui variait selon
les années. De plus, les intérêts couraient
à partir de la date des procédures peu importe la
date de partage retenue.
Depuis les nouveaux règlements, on paie l’intérêt
à partir de la date des procédures ou de la date de
cessation de vie commune. Toutefois, le taux est fixe, donc les
intérêts sont plus faciles à calculer. Par exemple,
si l’on partage en date de 1998, Madame recevra de l’intérêt
à 5.75% depuis novembre 1998. Si l’on retient la date
de juin 2001, elle recevra de l’intérêt à
6.5% depuis juin 2001.
Donc
si Gratien doit 37,500$ à son épouse en 1998 selon
les nouvelles méthodes, les intérêts seront
calculés à partir de novembre 1998 à 5.75%
jusqu’au transfert. Si la date des procédures est retenue,
elle recevra 50,000$ plus les intérêts à 6.5%
à partir de juin 2001.
Les nouveaux règlements sont plus équitables pour
les participants actifs, mais par contre il faut faire attention
aux retraités car cette nouvelle méthode peut entraîner
des réductions substantielles sur leur rente
(voir chronique "Attention
aux retraités").


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