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Pertes de salaires passées & futures
Les poursuites en dommages corporels exigent souvent un calcul
actuariel des pertes de revenus passées et futures.
Certaines règles à suivre ont été fixées
par la Cour et les actuaires doivent en tenir compte.
Voici un exemple:
Jean-Paul
fait une mauvaise chute en sortant du restaurant "Le Petit
Coeur du Nord" où il avait soupé avec son épouse
le 14 février 2002. Le propriétaire avait négligé
le déneigement de l'escalier extérieur.
Jean-Paul subit une commotion cérébrale qui l'empêche
de pratiquer en tant que comptable agréé.
Ses fonctions cérébrales sont atteintes et il souffre
d'amnésie partielle.
Son médecin lui apprend fatalement qu'il ne pourra plus travailler.
Il n'a que 48 ans et prévoyait pratiquer sa profession jusqu’à
65 ans. Il est travailleur autonome.
En février 2004, il décide de poursuivre le propriétaire
du restaurant car le délai de prescription est de 3 ans.
Son avocat lui explique qu'il faut faire appel à un actuaire.
Ce dernier établira le montant à réclamer quant
à ses pertes de salaire.
Donc l'actuaire devra tenir compte de la perte de salaires passées
(de 2002 à 2004) ainsi que de la perte de salaires futures
(à partir de 2004).
La cour a statué il y a quelques années sur certains
aspects financiers du calcul d'une telle perte.
Les paramètres à utiliser pour les pertes
futures sont:
Le salaire utilisé est le salaire brut i.e. avant impôt.
Le taux utilisé pour calculer la valeur actualisée
des pertes de salaires futurs a été fixé à
2% / année.
Ce taux inclut un taux brut de 5.831% réduit géométriquement
d'un taux d'inflation de 2.5% et d'une augmentation de salaire au-dessus
de l'inflation de 1.25% / année.
Donc le taux net couramment utilisé est de 2% / année
(taux de 5.831% ajusté).
Pour les pertes passées:
Nous utilisons habituellement les taux d'intérêt légal
et indemnité additionnelle.
Le taux d'intérêt légal est fixe à 5%
/ année auquel s'ajoute l'indemnité additionnelle
qui varie à chaque trimestre.
Par exemple, en janvier 2004, l'indemnité additionnelle est
de 2%, donc si l'on additionne les deux taux, on obtient un taux
de 7%.
Un autre aspect dont doit tenir compte l'actuaire réside
en la probabilité de décès.
Pour les pertes passées, la mortalité ne fait pas
partie de l'équation étant donné que nous savons
que la victime a survécu jusqu'à la date du calcul.
Nous utilisons donc le plein salaire perdu.
Par contre, pour les pertes de salaires futurs, nous devons tenir
compte de la possibilité que l'individu peut mourir à
chaque année.
Pour ce, nous utilisons une table de mortalité qui vient
donc réduire la valeur actuarielle étant donné
qu'il n'est pas certain que le client survive jusqu'à la
retraite.
La table utilisée depuis un an est la table Canada 1995-1997
(hommes ou femmes).
Par exemple, l'espérance d'un homme de 50 ans est d'environ
79 ans.
Dans
le cas de Jean-Paul qui perd un revenu de 50,000$ / année
pour 17 années, nous évaluons la perte de la façon
suivante:
valeur des pertes passées de 2002 à 2004: 110,000$
valeur des pertes futures de 2004 jusqu'à 65 ans: 650,000$
donc la valeur de la perte totale s'élève à
760,000$ en date de 2004

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