Réal et Micheline font une promenade dans le parc près de leur
domicile par un beau dimanche ensoleillé.
Sans crier gare, un jeune homme perd le contrôle de ses patins à
roues alignées et frappe de plein fouet Réal qui ne se
réveillera jamais.
L'on constate par la suite que la piste cyclable où l'accident
s'est produit était mal entretenue et qu'un trou dans l'asphalte
serait à l'origine de sa chute.
Micheline qui n'a qu'un faible revenu de travail décide
d'intenter une poursuite contre la municipalité.
L'actuaire doit dans ce genre de calcul tenir compte de
plusieurs facteurs étant donné que les pertes de revenus de
Micheline sont reliés à son espérance de vie à elle, mais aussi
à l'âge où serait décédé Réal n'eût-il pas trépassé lors de sa
balade dans le parc.
Ces cas, communément appelés « pertes de soutien » sont traités
un peu différemment étant donné que la victime de la perte
financière devient ici l’épou(x)se du défunt(e). Les enfants
subissent également une perte, surtout s’ils sont en bas âge.
La
pratique générale veut habituellement que l’actuaire travaille
avec le revenu disponible du couple i.e. le revenu net (après
impôt) qui était généré avant l’accident. On considère que les
besoins nets du (de la) conjoint(e) survivant(e) sont de 70% du
revenu net du couple avant l’accident. Donc la perte de
l’époux(se) équivaut donc à 70% du revenu net du couple, moins
le salaire net du (de la) survivant(e).
Voici un exemple :
|
Salaire net de Réal avant accident : |
50,000$ |
|
Salaire net de Micheline avant accident : |
30,000$ |
|
Salaire net du couple avant accident
: |
80,000$ |
Perte de Micheline après accident : 70% x 80,000$ moins
30,000$ = 26,000$ net
______________________________________________________________________
*il est à noter qu’un montant de 5% s’ajoute au 70% pour chaque
enfant dépendant, donc si le couple a 3 jeunes enfants, on
utilise 85% au lieu de 70% jusqu’à leur majorité.
L’actuaire actualisera donc la perte de 26,000$ annuelle sur
l’espérance de vie du conjoint(e) survivant(e), en tenant compte
également de celle du défunt(e) - eût-il survécu, jusqu’à leur
retraite respective.
D’autres pertes seront possiblement prises en considération
telles :
-perte au niveau du fonds de pension du défunt (rente de
survivant inférieure) & REER
-dépenses supplémentaires (ex : entretien de la maison etc…)
-pertes de bénéfices marginaux (ex : médicaments, plans
dentaires etc…)
Étant donné que tous ces montants sont exprimés en dollars après
impôt, l’actuaire ajustera le montant avec une réserve pour
impôts, car la somme totale réclamée n’est pas imposable, mais
les intérêts générés seront imposés. La réserve d’impôt vient
donc compenser pour l’impact fiscal.