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Taux d'actualisation
Nous avons vu dans la chronique "Pertes
passées et futures", que les
pertes de salaires en poursuite pour préjudices corporels
étaient habituellement actualisées à 2% / année.
Dans
l'exemple de Jean-Paul, nous ajoutons les détails suivants
à ses malheurs:
Il doit faire adapter sa voiture car il a une paralysie partielle
au pied droit, il doit faire entretenir son terrain par des tiers,
il a besoin de soins à domicile 3x / semaine, d'un téléphone
cellulaire dans la voiture etc...
Ces dépenses doivent également être actualisées
car elles font partie des pertes de Jean-Paul. L'actuaire doit préalablement
obtenir un rapport d'expert afin de connaître les divers besoins
du patient. Habituellement, dans les cas où de tels déboursés
sont nécessaires dans le futur, la victime fera appel à
un spécialiste de la santé qui les évaluera.
Ce sont souvent des ergothérapeutes qui rédigent de
tels rapports.
Ces calculs peuvent s'avérer assez complexes selon la nature
et la fréquence des soins et équipements requis. Par
exemple, les modifications apportées à la voiture
sont généralement nécessaires à tous
les 5 ans. Les dépenses de soins à domicile sont requises
quelques fois par semaine. L'entretien du terrain doit se faire
12 mois par année.
Donc il faut diviser les dépenses selon leur fréquence.
Le principe d'actualisation de ces dépenses passées et futures est
semblable à celui des pertes de salaire. Pour les dépenses passées,
nous les accumulons au taux d'intérêt légal et indemnité
additionnelle jusqu'à la date du rapport. Par contre, les dépenses
futures sont actualisées à 3.25% / année (contrairement à 2% pour
les salaires).
La différence entre les deux taux d'intérêt
(1.25%) réside dans l'augmentation de salaire au-dessus de
l'inflation. Donc le taux de 3.25% ne tient compte que de l'inflation
des dépenses au coût de la vie alors que le taux de
2% tient compte que les salaires subissent une augmentation supérieure
au coût de la vie.
Par contre, il faut tenir compte que les intérêts générés
par la somme forfaitaire que recevra la victime seront imposables,
il faut ajouter au calcul une "réserve d'impôt".
Cette dernière augmente le capital réclamé
pour tenir compte des impôts qu'il devra payer sur les intérêts
de la somme reçue. Plus le montant réclamé
sera important, plus les intérêts seront fortement
imposés.
Voici
un exemple de résultat :
| valeur des dépenses passées: |
19,000$ |
| valeur des dépenses futures: |
95,000$ |
| réserve pour impôt: |
13,000$ |
| valeur totale réclamée pour les dépenses:
|
127,000$ |
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| Si l'on ajoute la valeur des
pertes de salaires: |
660,000$ |
| Le total réclamé pour
l'aspect salaire et dépenses s'élève à: |
787,000$ |
A ces items s'ajoutent souvent des pertes de jouissance, des dommages
moraux et autres aléas de la vie.
La Trilogie a fixé en 1978 à 100,000$ le montant
maximal pour ce type de dommages appelés « pertes de
jouissance de la vie » ou « perte d’intégrité
physique ».
Par contre, la Cour reconnaît que l’on doit actualiser
ce montant en dollars constants. Par exemple, si la cause est entendue
en 2005, le montant de 100,000$ en 1978 vaut possiblement près
de 300,000$ en 2005. Il faut donc s’assurer d’inscrire
le montant actualisé dans la réclamation.

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dans le cadre du patrimoine familial. Consultez nos pages de
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