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Régimes de retraite de la France : partageables
Depuis plusieurs années, nous savons que les régimes de retraite
accumulés pendant le mariage sont partageables. Au Québec, il y a
quatre (4) législations qui gouvernent ces derniers soient :
- Loi sur les
régimes complémentaires de retraite
- la CARRA
- LNPP 1985
(fédéral privé)
- LPPR (fonction
publique fédérale)
Nous
avons déjà élaboré sur les particularités de celles-ci dans nos
chroniques antérieures. Les employeurs fournissent habituellement un
relevé des droits qui établit la valeur actuarielle du fonds accumulée
pendant le mariage, sauf les régimes soumis à la LNPP 1985 où il faut
faire appel aux services d’un actuaire indépendant qui effectuera le
calcul.
Mais
qu’advient-il des régimes détenus à l’extérieur du Québec? Ils sont
souvent inclus dans le patrimoine familial, ou encore la société
d’acquêts et le fait qu’il soit difficile d’en obtenir la valeur ne
les exclut pas pour autant du partage suite à la rupture du mariage.
Par exemple, plusieurs citoyens français résident maintenant au Québec
et ils détiennent souvent une rente en France qui sera payable à leur
retraite, suite à des années de service là-bas. Deux organismes
importants gèrent 54 caisses de retraite en France : l’Agirc et l’Arrco,
dans le secteur privé de l’industrie, du commerce, des services et de
l’agriculture. Environ 35 millions de français cotisent ou ont cotisé
à ces fédérations et ont donc accumulé des « points Agirc ou Arrco ».
L’ancien participant qui réside au Québec peut donc faire la demande à
l’Agirc ou l’Arcco d’un bilan de ses points accumulés auprès de ces
organismes de retraite. Un actuaire indépendant peut alors faire le
calcul de la valeur actuarielle de ces points de rente afin d’inclure
cette somme dans le partage des actifs.
Par exemple, Sandrine a accumulé 5,243 points Arrco suite à son emploi
comme ingénieure à Paris pendant 20 ans. Elle se sépare en 2008. Le
point Arrco vaut 1.1648 € en 2008, donc elle aura droit à une rente
de 6,107 € à la retraite. L’actuaire établit la valeur actuarielle
de cette rente à 40,000 €, donc elle aura une créance envers son époux
de 20,000 €.
Par
contre, il n’est pas possible que la caisse Arrco transfère à Monsieur
ce montant. Il faudra alors utiliser d’autres actifs pour compenser cette
somme. Par exemple, si les parties ont gardé une résidence en
France, Madame pourrait rembourser Monsieur via cette dernière. Elle
pourrait également transférer le montant à même ses REER au Québec par
exemple.
Les
français comme Sandrine auront aussi cotisé à une caisse similaire à
la Régie des rentes du Québec (RRQ) en France : la Caisse nationale
d’assurance vieillesse (CNAV). La rente accumulée dans ce régime
s’apparente à celle de la RRQ. Il faut donc l’inclure dans le partage
au même titre que les autres régimes.
Par
exemple, si Sandrine a droit à une rente de 320 € / mois, l’actuaire
pourra déterminer la valeur actuarielle en 2008 à e.g. : 24,000 €,
elle devra donc à son époux 12,000 €, qui s’ajoute au 20,000 € d’Arcco.


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