|
Pertes non pécuniaires – nouvelle méthode objective
de calcul
Les
réclamations en matière de préjudices corporels
comportent habituellement 2 volets : l’aspect pécuniaire
(pertes de revenus, soins, médicaments, dépenses,
etc…) et le non-pécuniaire (douleurs, souffrance, perte
de jouissance, préjudice esthétique, etc…).
Nous avons discuté dans nos chroniques antérieures
du volet pécuniaire où l’actuaire détermine
la valeur des
pertes
de salaires passées et futures.
Au niveau non pécuniaire, la Cour a établi en 1978
le plafond de réclamation à $100,000, qui correspond
à environ $320,000 aujourd’hui si l’on indexe
depuis 30 ans. La pratique courante depuis était d’appliquer
un pourcentage du plafond pour déterminer le montant de la
réclamation. Si un médecin confirmait par exemple
un préjudice esthétique de 10%, la réclamation
était souvent de 10% de $320,000 = $32,000.
Les avocats utilisaient également le système de «
points d’incapacité » ex : 10% @ $5000 du point
= $50,000 qui n’est plus très populaire étant
donné son manque de cohérence.
Mais depuis quelques années, la jurisprudence nous dirige
vers de nouvelles méthodes pour évaluer les pertes
non pécuniaires, basées plutôt sur une indemnité
journalière selon l’espérance de vie de la victime.
Par
exemple, dans Villeneuve
c. Dame L. mai 2002, la Cour d’appel
a maintenu la décision de la juge de première instance
qui accordait $135,000 à Madame
pour ses pertes non pécuniaires. On en conclut que ce montant
équivaut à $17/jour selon son espérance de
vie, basé sur les taux d’intérêt prescrits
dans l’article 1614 du C.c.Q.
D’autres jugements vont dans ce sens e.g. Brière
c. Cyr, septembre 2007 où la Cour
d’appel maintient un montant de $82,000 qui représente
$10/jour. En fait, cela constitue moins que $10/jour, car la victime
aura à payer de l’impôt sur les intérêts
générés par son capital.
Effectivement, une perte de $10/jour ne représente pas la
même valeur actuarielle pour une victime de 25 ans que pour
une personne de 82 ans. Cette méthode a pour effet d’éviter
le dédoublement de réclamations et obtenir des résultats
plus appropriés.
L’actuaire peut donc déterminer de façon objective
le montant raisonnable à réclamer pour les pertes
subjectives, selon différents scénarios de rente quotidienne
comme mesure de consolation.

Nous offrons des sessions de formation sur le partage des régimes de retraite
dans le cadre du patrimoine familial. Consultez nos pages de
formation pour de plus amples informations

|